Miles Davis – Droit de cité pour la Musique
Exposition à la Cité de la Musique de la Villette, série de concerts hommage, projections de films… Miles Davis est à l’honneur à Paris. We Want Miles !
Entre le jeune homme qui sur l’invitation de Boris Vian se rend au Club Saint Germain de la rue Saint Benoit dès la fin des années 40 pour y amorcer sous l’égide de Charlie Parker, la révolution Be Bop ; puis enregistre, quelques années plus tard, pour le label Philips – dont Vian est le directeur artistique – la musique d’Un Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle ; et le spectre au visage émacié que La Villette accueille quelques mois avant sa disparition pour un ultime hommage (1990), on peut aisément considérer qu’un lien indéfectible lie le destin d’un des plus talentueux trompettistes de jazz avec notre pays.
La Cité de la Musique ne s’y est pas trompée en consacrant au musicien disparu une exposition de choix, intelligemment jumelée avec une série de concerts mémorables où chaque album marquant la carrière de Miles Davis sera intégralement rejoué et revisité par la fine fleur des jazzmen actuels et des doyens entrés dans la légende pour avoir côtoyé le génie.
L’exposition est à la mesure de la complexité de la représentation d’un genre musical (donner à voir ce qui s’écoute). Les profanes comme les spécialistes retrouveront ce qui a fait l’essence de Miles Davis. Car il faut savoir que nous sommes en présence d’un homme complexe qui magnifia presque tous les mouvements majeurs du jazz depuis les années 50 sans se spécialiser dans un, laissant les aventures en zone escarpée aux camarades – Coltrane, Sanders etc. Miles Davis devint une vraie star de la culture contemporaine de son époque, phénomène rare pour un jazzman. Mais peut-on réduire Miles au jazz ? Il répondit sèchement et avec provocation à un invité qui l’interrogeait sur sa présence à un raout donné à la Maison Blanche qu’il avait changé le cours de la musique à 5 ou 6 reprises.
Tout Miles est un peu là. Morgue qui démarre au quart de tour dès que se pointe un propos inconsciemment raciste, estime personnelle surdimensionnée et réappropriation d’une histoire collective. Car la musique – et principalement le jazz – ne peut s’entendre et se comprendre qu’à travers ce prisme de façonnage en groupe, de rencontres improbables… Le jazz est né et s’est ramifié dans les clubs, tard le soir, ‘round midnight ; il s’est construit dans les studios d’enregistrement en bande. On y compte des génies, mais pas de démiurges. Miles le sait d’autant plus qu’il consacra une grande partie de son énergie à recruter des sidemen. Après la blessure Coltrane, il vit en Wayne Shorter, le musicien providentiel avec lequel l’esprit soufflerait intelligemment. Puis, il y eut Herbie Hancock, Keith Jarrett, John McLaughlin, Joe Zawinul, Marcus Miller …
C’est probablement ce qu’a oublié Miles en fin de vie où il est devenu le Miles intronisé et légendaire – un peu comme Picasso ou Warhol – posant son art comme une marque de fabrique sur toute forme instrumentale se présentant à ses oreilles ; arborant des fringues voyantes de grands couturiers. Il n’était plus Miles au volant de sa Ferrari, il était devenu une Ferrari.
We Want Miles
Cité de la Musique – Métro Porte de Pantin
du vendredi 16 octobre 2009 au dimanche 17 janvier 2010
LES CONCERTS
Mardi 27 octobre, 20H
Kind of Blue, 50 Years On
Jimmy Cobb’s So What Band
Wallace Roney, trompette
Vincent Herring, saxophone alto
Javon Jackson, saxophone ténor
Larry Willis, piano
Buster Williams, contrebasse
Jimmy Cobb, batterie
Mercrdi 28 octobre, 20H
Birth of the Cool Suite
Joe Lovano Nonet
Joe Lovano, saxophone ténor
Ralph Lalama, saxophone ténor
Steve Slagle, saxophone alto
Gary Smulyan, saxophone baryton
Larry Farrell, saxophone ténor
Barry Ries, trompette
James Weidman, piano
Cameron Brown, basse
Otis Brown III, batterie
Jeudi 29 octobre, 20H
Tribute to Miles Davis
Wayne Shorter Quartet
Wayne Shorter, saxophone
Danilo Perez, piano
John Patitucci, contrebasse
Brian Blade, batterie
Vendredi 30 octobre, 20H
Bitches Brew’s Spirit
Electric Barbarian
Luanda Casella, spoken word
Dj Grazzhoppa, platines
George Pancras, trompette
Joost Swart, Fender Rhodes
Floris Vermeulen, basse électrique
Harry Arling, batterie
Vendredi 18 DÉcembre, 20H
Première partie
A Kind of Porgy & Bess
Paolo Fresu Quintet
Paolo Fresu, trompette
Antonello Sallis, piano, accordéon
Nguyên Lê, guitare
Paolino Dalla Porta, contrebasse
Stefano Bagnoli, batterie
et invité : Dhafer Youssef, voix
Samedi 19 DÉcembre, 20H
On the Corner
Dave Liebman, saxophone, direction
John Abercrombie, guitare
Andy Emler, piano, claviers
Badal Roy, tablas, percussions
Linley Marthe, basse électrique
Éric Échampard, batterie
Un commentaire »
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Bonjour,
vu expo, beaux clichés photographiques,belles trompettes signées par Miles, une belle basse de Marcus Miller, MAIS espace trop petit pour le nombre de visiteurs…
je vais regarder vos liens Jazz
A bientôt.Jocelyne ARTIGUE