Rahsaan Roland Kirk – un génie oublié
Ce type, bien qu’aveugle avait le sens de l’image. D’Epinal, non ? Epineuse, oui, pour la peau sensible de la scène jazzistique et pour la cécité des médias à l’égard de ce profil piquant. Et ceci n’est pas un coup du destin, contrairement à celui qui frappa dès sa naissance le musicien surdoué, mais une concertation durable, aux conséquences dramatiques qui font, aujourd’hui, de cette personnalité fascinante, un nom étrange, une référence lointaine dont la discographie abondante tend à rendre hypothétique une réhabilitation déjà si craintivement proposée. (Lire la suite…)
Louis Malle est fier, on le voit à son sourire, mélange de fausse timidité et d’assurance en gestation, la présence de Miles Davis dans le studio tout proche, musicien noir américain comme on le décrit alors, quasiment inconnu en France à l’époque, (invité dix ans avant au festival de jazz de la salle Pleyel et signé par Boris Vian peu avant la mort de ce dernier sur le label Philips) venu improviser sur les images d’Ascenseur pour l’échafaud, confère au cinéaste le plus jeune de France un prestige immédiat. Voie rapide pour la notoriété, Truffaut n’ayant pas encore séduit la Croisette avec ses Quatre Cent Coups, et Godard sucré les raccords d’A bout de Souffle pour intriguer les commentateurs friands de comportements subversifs.