Miles Davis – Droit de cité pour la Musique
Exposition à la Cité de la Musique de la Villette, série de concerts hommage, projections de films… Miles Davis est à l’honneur à Paris. We Want Miles !
Entre le jeune homme qui sur l’invitation de Boris Vian se rend au Club Saint Germain de la rue Saint Benoit dès la fin des années 40 pour y amorcer sous l’égide de Charlie Parker, la révolution Be Bop ; puis enregistre, quelques années plus tard, pour le label Philips – dont Vian est le directeur artistique – la musique d’Un Ascenseur pour l’échafaud de Louis Malle ; et le spectre au visage émacié que La Villette accueille quelques mois avant sa disparition pour un ultime hommage (1990), on peut aisément considérer qu’un lien indéfectible lie le destin d’un des plus talentueux trompettistes de jazz avec notre pays. (Lire la suite…)
Louis Malle est fier, on le voit à son sourire, mélange de fausse timidité et d’assurance en gestation, la présence de Miles Davis dans le studio tout proche, musicien noir américain comme on le décrit alors, quasiment inconnu en France à l’époque, (invité dix ans avant au festival de jazz de la salle Pleyel et signé par Boris Vian peu avant la mort de ce dernier sur le label Philips) venu improviser sur les images d’Ascenseur pour l’échafaud, confère au cinéaste le plus jeune de France un prestige immédiat. Voie rapide pour la notoriété, Truffaut n’ayant pas encore séduit la Croisette avec ses Quatre Cent Coups, et Godard sucré les raccords d’A bout de Souffle pour intriguer les commentateurs friands de comportements subversifs.