Warm Canto de Mal Waldron
Extrait de l’album The Quest de Mal Waldron accompagné par Eric Dolphy et Booker Ervin, Warm Canto est une pépite jazz, un morceau inoubliable et fondateur.
J’aurai donné cher pour me trouver le 27 juin 1961 dans ce studio du new jersey, quand quatre musiciens d’exception exécutèrent cet enregistrement magistral, Warm Canto, pierre angulaire (mais magnifiquement polie par un courant sonore d’une douceur extatique) du troisième grand album en leader de Mal Waldron.
Musicien jusque là essentiellement perçu comme l’accompagnateur inspiré de Billy Holliday (de 1958 à 1959) pour laquelle il écrira ses plus belles compositions, Soul Eyes ou Left Alone, qu’il revisitera inlassablement jusqu’à l’aube de sa disparition en 2002. D’un incroyable perfectionnisme, Mal Waldron enregistrera une ultime version de ses propres standards avec Archie Shepp qui su refermer dans l’écrin cotonneux de son alto la carrière adamantine du pianiste aux cheveux blancs de neige. (Lire la suite…)
La villette de ce 13 septembre 2009 n’est pas seulement l’absence à demi prévisible d’un Ahmad Jamal réputé pour la rugosité de son caractère, c’est aussi et surtout la rencontre de deux monstres sacrés de l’histoire du jazz, Yusef Lateef (Eastern Sound) et Archie Shepp (Blasé, Attica Blues) bien décidés à nous faire vivre une soirée mémorable en conjuguant, avec panache et beaucoup de gratitude pour un public qui suit depuis longtemps leur parcours atypique, les apports fondamentaux de leur jeux respectifs, legs indétrônable à un style musical en perpétuel renouvellement.
Six pistes, pour décoller direct dans un jet « rivé » à l’incandescence d’une session torride, atteindre l’extase dans un siège éjectable au dosseret bourré de vibrations cosmiques, langoureuses ou planantes ; c’est selon car le menu céleste de Byard Lancaster, épigone méconnue du free jazz américain transplanté dans le Paris théorico – musical des années 70 a de quoi ravir les plus rétifs au kidnapping sonore.
Jean Toussaint offre avec Blue Black, son premier opus enregistré à New York, un album fort et généreux, mais au profit inégal. Le saxophoniste – ténor ingénieusement Coltranisé sur le cliché de la pochette avec front plissé et lèvres crispés sur l’incommodante verticalité du soprano métallique – s’offre néanmoins le luxe, jamais tapageur mais quelquefois nimbé d’une aura versatile, d’être l’auteur de la moitié des compos présentes sur ce disque à l’apport difficilement exprimable. Entre l’envie de vous le proposer humblement, et celui de monnayer interminablement les arguments qui en souligneraient la valeur véritable, mon cœur hésite comme le balancier aplatie d’un carillon centenaire.